Your name

Email address

Username

Password

To acquire a user name and password, please contact info@raintheshow.com

ELOIZE FAIT LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS
La Tribune, April 20, 2006
• « Rain », le nouveau spectacle du cirque Eloize, éblouit par sa beauté et son charme suranné.

• Une succession de tableaux étincelants présentés au Théâtre du Trianon à Paris.

J amais saison circassienne n'a été aussi pluvieuse ' Le Cirque Plume donnait le ton l'automne dernier du côté de Lavillette à Pans avec l'ébouriffant Plie Floc. En ce printemps, le cirque Eloize fait « chanter sous la pluie » avec Rain, un nouveau spectacle des plus éblouissants présente au Theâtre du Trianon à Pans. Maîs, à la difference des Plume, les Eloize n'ont pas eu le budget necessaire pour faire pleuvoir sur scène. Cela ne les a pas empêchés d'imaginer une vingtaine de tableaux envoûtants, petillants d'esprit, d'humour et de fraîcheur, portes par une douceur, une grâce et une legèreté semblables à celle d'une pluie d'été. Le public, enthousiaste, est tenu en haleine deux heures durant.

Drôle de troupe que celle-ci, nee en 1993 au Quebec D'où ce nom d'Eloize, emprunte aux éclairs de chaleur propre aux îles de la Madeleine ou ces circassiens ont installe leur QG. Maîs à l'heure ou chacun se balade avec son chapiteau sous le bras, eux préfèrent la scene Et plus particulièrement celle des vieux théâtres dont la decoration colle à merveille à l'espnt délicieusement rétro de leurs spectacles. Ainsi, les Eloize se produisentils généralement vêtus de combinaisons de lutteurs, de casquettes de Gavroche ou de marinières, comme devaient en porter les premiers spectateurs du Tnanon. Au point ou l'on ne serait pas étonne de voir débarquer Manda et son Casque d'Or sur la scène.

Spectacles d'antan. Contrairement aux troupes contemporaines, la compagnie a puisé ses numéros dans les spectacles des cirques d'antan Pour mieux les revisiter Le jonglage donne lieu a un ballet d'une infime douceur Les contorsionmstes prennent un malin plaisir a s'imbnquer les uns dans les autres, formant ainsi d'étranges personnages aux corps hybndes B y a aussi ces deux zozos, trop heureux d'en fourrer un troisième dans une valise. Et de réussir pour l'occasion une savoureuse parodie de magicien Sans oublier le numero final ou des disciples d'Esther Williams s'ébattent dans ce qui pourrait être une reconstitution épurée des grandes eaux de Versailles.

Emportés par des morceaux de bossa nova, de jazz, de musette, de musique fellimenne, lyrique, slave ou classique, les artistes multiplient les prouesses techniques, virevoltant sur une barre de fer ou dans les airs Seule compte la poesie. Celle des gestes, veritables calligraphie dans l'espace. Maîs aussi celle des accessoires et des decors. En témoignent les toiles peintes devant lesquelles évolue la troupe. Certaines rappellent les oeuvres de Rothko. D'autres, nuageuses, celles de Magntte.

Au final, chaque tableau renvoie le spectateur a des souvenirs d'enfance empruntes a la memoire collective Des souvenirs sublimes par un spectacle elegant, populaire, singulièrement race.

Yasmine Youssi